Comment arrêter de fumer

Accueil > Comprendre la dépendance > L'addiction au tabac : dépendance physique et psychologique

L'addiction au tabac : dépendance physique et psychologique

L'addiction au tabac : dépendance physique et psychologique

L'addiction au tabac est un phénomène complexe. Elle comprend deux aspects principaux : la dépendance physique qui n'est pas tant provoquée par la nicotine que par les additifs que les fabricants de cigarettes ajoutent au tabac. Le deuxième aspect de l'addiction est la dépendance psychologique : là encore les fabricants de cigarettes y sont pour beaucoup mais d'autres facteurs jouent un rôle non négligeable.

Qu'est-ce que l'addiction au tabac


C'est le fait de ne pas pouvoir se passer de la cigarette. Le fumeur dépendant a perdu le pouvoir de décider : quand l’envie de fumer le prend, il ne peut pas faire autrement que fumer. Il ne décide pas de fumer, il y est obligé. Il y a un mécanisme mental qui le pousse à fumer et s’il ne le fait pas, il va ressentir diverses sensations plus ou moins désagréables qui vont persister et même augmenter en intensité jusqu'à ce qu’il allume une cigarette.

La dépendance ne concerne que les substances qui ne sont pas nécessaires au fonctionnement normal du corps. On a besoin d'eau et on ne peut pas s'en passer et si on n'en prend pas des symptômes physiques apparaissent. Cependant on ne parle pas de dépendance pour l'eau car elle est vitale pour le corps.

On va parler de dépendance pour les substances qui au contraire sont des poisons pour le corps : le tabac, l'alcool, les drogues, certains médicaments, le café, etc.

A quoi est due l'addiction


L'addiction est un phénomène complexe qui va dépendre de nombreux facteurs : le type de tabac, la personne et son environnement. Certaines personnes vont devenir très fortement et rapidement accrocs, d'autres le deviendront lentement et très faiblement et certains même ne le deviendront jamais.

1. L'addiction physique


Le tabac est l'un des produits dont on devient malheureusement le plus facilement addictif. Le pouvoir addictif du tabac provient de la nicotine. Il semble que la nicotine agisse sur le système nerveux en ayant un effet stimulant, apaisant (sensation de bien-être) et coupe-faim. Quand la présence de nicotine dans l'organisme diminue une sensation de malaise apparaît : la personne est en manque. La sensation de manque peut se traduire de différentes manières d'une personne à l'autre : anxiété, agitation, nervosité, stress, énervement, trouble de la concentration, abattement, etc. La personne reprend une cigarette et cela fait disparaître les phénomènes de manque. A la longue la personne croit que la cigarette l'apaise, lui apporte une sensation de bien-être alors que la cigarette ne fait que faire disparaître les phénomènes de manque.

Le fumeur croit à tort que la cigarette calme son anxiété, son stress ou sa nervosité. Rien n'est plus faux. En effet la nicotine est un excitant et quand elle fume son rythme cardiaque s'accélère. Donc au lieu de calmer son stress ou sa nervosité, la cigarette ne fait que l'augmenter et pour se calmer la personne fume alors plus, ce qui ne fait qu'augmenter son stress ou sa nervosité.

Cependant la nicotine seule ne peut créer une dépendance aussi forte. Si tel était le cas les utilisateurs de patchs nicotiniques deviendrait tous accrocs à leur patch, ce qui n'est pas le cas. Suite aux procès de 46 Etats américains contre l'industrie du tabac à la fin des années 90, les cigarettiers ont été obligé de publier les documents internes des secrets de l'industrie. Ces documents révèlent que les fabricants de cigarettes utilisent des produits chimiques pour augmenter la dépendance à la nicotine ou pour accélérer l’absorption de la fumée. Ils révèlent également qu'ils utilisent des additifs afin de masquer le goût très désagréable du tabac. Ils en utilisent des dizaines mais les principaux sont le sucre, le miel et le chocolat.

Or la combustion du sucre entraîne la formation d'une substance chimique qui est un puissant antidépresseur. C'est la combinaison entre la nicotine et cette substance qui provoquerait ou augmenterait la dépendance au tabac. Ce qui expliquerait pourquoi, 85 % des personnes qui arrêtent de fumer avec des chewing-gum ou des patchs à la nicotine vont rechuter (selon un étude publiée dans la revue américaine Tobacco Control).

2. L'addiction psychologique


Au cinéma, en train, en avion, il est interdit de fumer, vous ne fumez pas et même vous n'en souffrez pas car c'est un fait acquis qu'on ne fume pas dans les lieux publics. Certains fumeurs vont avoir des phénomènes de manque mais la plupart non. Comment se fait-il qu'ils n'en souffrent pas. Cela indique juste que le phénomène de manque est plus mental que physique.

La nuit, vous ne fumez pas non plus. A part quelques rares exceptions. Comment se fait-il que la nuit, nous ne souffrions pas du manque de nicotine. Nous devrions nous réveiller pour fumer. Or il n'en est rien ? Cela indique de nouveau que la dépendance est plus psychologique que physique.

L'environnement

Les cigarettiers dépensent chaque année des millions de dollars pour recruter de nouveaux clients. Leur cible principale est les adolescents. Depuis de nombreuses années la publicité pour la cigarette est interdite dans la plupart des pays. Les cigarettiers ont contourné cette interdiction en faisant de la publicité de façon dissimulée : ils dépensent chaque année des millions de dollars en subventions pour le cinéma et la télévision. Ils payent des acteurs pour que ceux-ci fument dans les films qu'ils jouent et financent des films pour y faire apparaître leur marque. On retrouve ainsi la cigarette dans énormément de films et de séries, surtout dans celles destinées aux ados et jeunes adultes. Les ados veulent ensuite être cools ou rebelles ou veulent "assurer" comme leurs idoles.

Quand on est ado, on veut faire adulte, on veut sembler mature, on veut montrer de l'assurance et pour cela on copie le comportement des adultes ou de nos ainés qui nous entourent et s'ils fument, eh bien on va se mettre à fumer.

Et 20 ans après quand on essaye d'arrêter on a toutes les peines du monde à le faire à cause de ces décisions de notre jeunesse. On s'était dit : "Fumer c'est cool" ou "Fumer ça fait viril" ou "Fumer c'est féminin", etc. et on était devenu un fumeur. Et même si elles sont oubliées, ces décisions sont toujours là, ces idées sont toujours là, on pense toujours que fumer c'est cool. Alors pourquoi arrêter ? La personne veut arrêter mais fumer c'est cool et donc veut continuer.

Les habitudes

La plupart des cigarettes sont des habitudes : la cigarette du matin, celle pour aller au boulot, celle après le repas de midi, celle avec le café, celle pendant la pause, celle en rentrant chez soi, celle après le diner, celle au téléphone, celle en regardant la télévision, celle avant de se coucher, etc. Plus vous avez ces habitudes depuis longtemps, plus vous les avez ancrées en vous et plus il est difficile de s'en séparer. Le poids des habitudes engendre une dépendance.

Les conclusions erronées

La cigarette aide soit disant à vous détendre, à vous calmer dans des situations de tensions ou de stress. Voici comment cela se passe : vous vous heurtez à une situation de stress, vous vous dites : "Ah il faut que je me calme, je vais fumer une cigarette". Vous prenez une pause cigarette. Elle vous fait du bien et vous vous détendez. Jusque-là tout va bien. Mais le piège est que vous vous dites : cigarette = remède anti-stress, cigarette = détente. Ce qui vous colle à la cigarette et vous en rend dépendant.

La vérité est que ce n'est pas du tout la cigarette qui vous a calmé. La cigarette est un excitant, donc c'est sûr, elle ne vous a pas calmé. La raison pour laquelle vous vous êtes calmé n'a rien à voir avec la cigarette mais a à voir avec la pause. C'est la pause qui vous a calmé. Que faites-vous pendant cette pause, eh bien vous déconnectez mentalement de la situation de stress : vous pensez à autre chose, vous faites autre chose, peut-être même que vous changez de lieu, que vous allez ailleurs. Ou alors vous prenez une pause avec quelqu'un et vous lui parlez de votre problème : ce qui vous calme, c'est d'en avoir parlé. Mais a aucun moment c'est la cigarette qui vous a calmé(e).

Et cela va même plus loin. Quand vous prenez cette pause cigarette, non seulement vous vous calmez mais vous pouvez reprendre courage ou confiance en vous et cela vous permet d'y retourner ensuite. Et vous vous dites que la cigarette redonne du courage, de le confiance en soi. Ce qui est de nouveau archi faux.

Comment reconnaît-on l'addiction au tabac


Voici les 6 critères de la dépendance tirés de la Classification statistique internationale des maladies de l’Organisation Mondiale de la Santé et appliqués à l'addiction au tabac :
  • Un désir puissant ou irrésistible de fumer.
  • Des difficultés à contrôler sa consommation de cigarettes (difficulté à repousser à plus tard une cigarette, difficulté à fumer moins).
  • L'apparition de symptômes de manque quand la personne diminue ou arrête de fumer et besoin de fumer pour faire disparaître les symptômes de manque.
  • Tendance à fumer de plus en plus pour faire disparaître les symptômes de manque ou pour obtenir l'effet détendant ou autre de la cigarette. (Attention : l'effet détendant, anti-stress, etc. de la cigarette n'est qu'apparent).
  • La personne abandonne petit à petit d’autres centres d'intérêt et d'autres sources de plaisir et passe plus de temps à fumer : par exemple le fumeur va diminuer ou arrêter le sport et passer plus de temps chez lui à fumer ;
  • La personne continue de fumer alors que des effets nocifs apparaissent : essoufflement, toux, voix rocailleuse, fatigue, problèmes dentaires, maladies (du coeur, des poumons, etc.).

Pour être considéré comme dépendant, il faut avoir eu au moins 3 des manifestations ci-dessus en même temps, au cours de la dernière année.

A LIRE AUSSI :
Une méthode pour arrêter de fumer de façon naturelle
Les bienfaits de l'arrêt du tabac
Le tabac et les cigarettes sans additifs

Sources :
Organisation Mondiale de la Santé (OMS) : Syndrome de dépendance
Le site du gouvernement sur les drogues : www.drogues.gouv.fr
OpenEdition Journals : La Lettre du Collège de France, hors série 3, 2010, Le tabac, Entretien avec Jean-Pol Tassin
JC Anthony et coll., Experimental and Clinical Psychopharmacology,1994; 2: 244-268

Article publié le 22/11/2019

Laisser un commentaire

Pour poster un commentaire, vous devez être inscrit et connecté. En postant un commentaire, vous acceptez les Conditions Générales d'Utilisation (CGU) du site comment-arreter-de-fumer.fr. Si votre avis ne respecte pas ces règles, il sera refusé.



Faites le test en ligne pour connaître votre dépendance à la cigarette

Le livre Comment arrêter de fumer sans rien et sans grossir

Livre Comment arrêter de fumer sans rien et sans grossir

La méthode pour perdre l'envie de fumer facilement et rapidement

L'ebook gratuit Les 7 pires erreurs quand on arrête de fumer

Ebook gratuit Les 7 pires erreurs quand on arrête de fumer